Ce n’était d’abord que des bruits de couloir. De simples bribes de conversation saisies au vol dans la cour de promenade de la prison de Rennes (Ille-et-Vilaine). Une fois sa cellule réintégrée, Angélique a décidé d'en savoir plus auprès de ses codétenues.


Angélique Buzon

23 ans, détenue à Rennes
(Ille-et-Vilaine)

Condamnée à une peine de 12 ans pour violences ayant entraîné la mort de son bébé

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Jérome Fouquet

Photo de la maison où le corps du bébé d'Angélique a été découvert le 30 décembre 2009


La grille refermée, c’est là que cette jeune femme de 23 ans au look d’adolescente a la confirmation: une association vient bien de se créer pour venir en aide à celles et ceux qui s’estiment condamnés à tort. Ni une, ni deux, Angélique saisit un papier, un stylo et une enveloppe pour demander à son comité de soutien de se renseigner sur ce projet.

Condamnée pour avoir tué, le 30 décembre 2009, son bébé de 20 mois de plusieurs coups violents, Angélique est, selon nos informations, l’une des quatre détenus à avoir été sélectionnés par le «Projet Innocence France». Sur le modèle de sa grande sœur américaine, l’association vise à refaire les enquêtes pénales de personnes condamnées autour desquelles subsiste toujours un doute. Lilly Rush dans la série télévisée «Cold Case» en somme. Sauf qu’eux sont près de vingt-cinq pour faire cela. D’anciens gendarmes, une quinzaine d’étudiants qui préparent le barreau, des policiers à la retraite. Et même François-Louis Coste, l’ancien avocat général qui a «obtenu» l’acquittement de Loïc Sécher en 2011 après avoir eu celui de Patrick Dils en 2002. Alors que cette structure commence à peine à travailler, la ''21e Minute'' a décidé de s'intéresser aux erreurs judiciaires en France.


 

La sélection des dossiers
Le Projet Innocence ne vient en aide qu’aux détenus condamnés de façon définitive pour lesquels aucun recours n’est en cours d’examen.«Nous avons déjà reçu une soixantaine de demandes», confie Sylvain Cormier, l’avocat qui chapeaute le projet.
L’association se concentre sur les affaires de crimes. «Nous n’acceptons pas les particuliers qui nous sollicitent pour réexaminer leur affaire de divorce», explique encore l’avocat.