Un symbole pour les puristes

« Ouh !  » Les publics changent, la clameur reste. « La mêlée, c'est ce qui représente le plus ce sport, souligne Didier Rétière, ancien entraîneur des avants du XV de France. Son importance symbolique est même plus forte que son importance réelle dans le jeu.  » Prenez un stade surchauffé et mettez-y deux bons packs au milieu, le résultat est assuré. On est prêt à traiter de menteur l'amateur de rugby qui ne s'est pas excité devant la scène. Quant au profane, il balance entre deux sentiments: admirer l'impact ou juger le spectacle digne d'une tradition dépassée de foire de village.

« Je comprends quand des gens me disent que se faire pousser par plusieurs quintaux pour faire reculer les joueurs d'en face, c'est un truc de débiles, raconte l'ancien pilier des Bleus Sylvain Marconnet. Le grand public se demande où est le plaisir là-dedans.  » « On m'a toujours posé beaucoup de questions sur la mêlée, car elle suscite de l'incompréhension, complète Franck Tournaire, pilier aux 49 sélections chez les Bleus. On me demande comment on arrive à tenir de cette manière, à quel point ça peut faire mal...  »

*

En soirée, j'ai déjà vu des piliers simuler une mêlée.

Didier Rétière, ancien entraîneur du XV de France
Photo © FRANCK FIFE


 

Chez les puristes, l'affrontement possède un statut bien plus important. Symbole brutal d'un rugby qui se plaît à se définir comme un sport de combat, la mêlée est vue comme l'illustration du rapport de force entre deux équipes, un art difficile à maîtriser, le moment où l'on s'explique et où l'on peut également remporter le match. Il vous sera d'ailleurs difficile d'échapper au traditionnel dicton anglais « No scrum, no win  » (« pas de mêlée, pas de victoire  ») si vous comptez suivre la Coupe du monde de votre fauteuil.

L'affrontement, dont l'origine remonte aux empoignades confuses de l'ancêtre du rugby dans l'Angleterre du XIXe siècle, marque également la frontière entre les sept arrières et les huit avants, affectueusement surnommées « les gros ». Un monde sépare ces laborieux, occupés à récupérer les ballons et remporter le combat, des artistes, chargés d'animer le jeu et de déborder l'adversaire. « C'est une rivalité que l'on peut retrouver dans une entreprise entre les commerciaux et la production, compare Didier Rétière. La mêlée possède un aspect initiatique dont les autres joueurs ne se rendent pas compte. En soirée, j'ai déjà vu des piliers en simuler une pour partager des sensations. »

 

Les bleus de la mêlée

Robert Paparemborde

Un autre grand nom de la première ligne tricolore. International de 1975 à 1983, Robert Paparemborde était difficile à maîtriser de par la forme atypique de ses épaules. Une plaie pour ses adversaires.

Photo © BERNARD GARCIA / AFP

Daniel Dubroca

Ce talonneur agenais porta le maillot du XV de France 33 fois et fut également le capitaine des Bleus. Daniel Dubroca occupa également le poste de sélectionneur de 1990 à 1991, après la démission de Jacques Fouroux.

Photo © STAFF / AFP

Philippe Dintrans

Apparu sous le maillot tricolore à 50 reprises, Philippe Dintrans était un talonneur surpuissant. Son excitation engendrée par la simple écoute de La Marseillaise lui valut d'être surnommé « Le patriote ».

Photo © MICHEL PLASSART / AFP

Pascal Ondarts

Le pilier savait faire mal à ses adversaires, comme peut en témoigner le Néo-Zélandais Wayne Shelford dont le scrotum s'était ouvert après avoir croisé la route du robuste pilier en 1986. Un spécialiste de la mêlée.

Photo © SOLA/SIPA

Christian Califano

Premier Français de l'histoire à disputer le Super 12 avec une équipe néo-zélandaise, « Cali » était surtout un redoutable pilier. Sélectionné à 72 reprises sous le maillot tricolore, il a disputé deux Coupes du monde.

Photo © GABRIEL BOUYS / AFP

Raphaël Ibanez

Une carrière énorme. Ibanez, c'est 98 sélections, trois Coupes du monde disputées et deux Grands Chelems remportés. Le talonneur était incontournable, au point de disputer deux Mondiaux (1999 et 2007) en tant que capitaine des Bleus.

Photo © PETER MORRISON/AP/SIPA

Sylvain Marconnet

Dire qu'à ses débuts, il n'aimait pas l'exercice ! Pilier le plus capé de l'histoire du XV de France avec 84 apparitions, Sylvain Marconnet était capable d'évoluer des deux côtés de la mêlée. Un roublard, à même de faire disjoncter ses adversaires.

Photo © DAMIEN MEYER / AFP

C'est une religion protégée par ses fidèles. A chaque réforme de la mêlée, le World Rugby, chargé d'édicter les règles, est fortement critiqué. En 2012, le retour à trois commandements de l'arbitre au lieu de quatre avant l'introduction du ballon, suivi l'année suivante de l'obligation faite aux piliers de se lier avant son entrée, avaient agité les gardiens du temple. « Ce sport a connu des réformes plus importantes mais qui ont fait moins de bruit car elles ne concernaient pas la mêlée », glisse Didier Rétière, membre de la commission à l'initiative du changement de 2012.

Si il explique agir de la sorte pour fluidifier le jeu et diminuer les risques de blessures, le World Rugby est accusé de vouloir rendre le rugby plus spectaculaire et plus télégénique, quitte à sacrifier la mêlée pour la cause. Bref, à le rapprocher de son homologue du XIII. « Ce ne serait plus le même sport, répond Sylvain Marconnet. En l'enlevant, vous feriez disparaître le côté mystique. » « Il ne faut pas supprimer ce combat car il sert aussi à fatiguer les joueurs, ajoute l'ex-entraîneur des avant des Bleus. Sans la mêlée, il y aurait moins d'espace sur le terrain. » Et sans doute moins de clameurs autour.

Quand siffle-t-on une mêlée ?

En principe, l'équipe bénéficiaire d'une faute peut demander une mêlée à la place d'un coup de pied de pénalité ou d'un coup de pied franc. Dans les faits, la mêlée est surtout sifflée après un en-avant. L'arbitre l'accorde également si le lancer en touche n'est pas droit ou si une équipe ramène la balle dans son en-but pour l'aplatir volontairement.

 

Les pays engagés
dans la coupe du monde

Carte des pays participants

6e participation

Meilleure performance :
Vainqueur en 1995 et 2007


8e participation

Meilleure performance :
Vainqueur en 2003


8e participation

Meilleure performance :
3e en 2007


8e participation

Meilleure performance :
Vainqueur en 1991 et 1999


8e participation

Meilleure performance :
Quart de finale en 1991


8e participation

Meilleure performance :
4e en 1991


7e participation

Meilleure performance :
N'a jamais passé les poules


7e participation

Meilleure performance :
Quart de finale en 1987 et 2007


8e participation

Meilleure performance :
Finale en 1987, 1999 et 2011


4e participation

Meilleure performance :
N'a jamais passé les poules


8e participation

Meilleure performance :
Quart de finale en 1987, 1991, 1995, 2003 et 2011


8e participation

Meilleure performance :
N'a jamais passé les poules


8e participation

Meilleure performance :
N'a jamais passé les poules


5e participation

Meilleure performance :
N'a jamais passé les poules


8e participation

Meilleure performance :
Vainqueur en 1987 et 2011


8e participation

Meilleure performance :
Troisième en 1987


8e participation

Meilleure performance :
N'a jamais passé les poules


7e participation

Meilleure performance :
Quart de finale en 1991 et 1995


3e participation

Meilleure performance :
N'a jamais passé les poules


7e participation

Meilleure performance :
N'a jamais passé les poules

Survolez la liste pour + d'info

Survolez la liste

Afrique du Sud


Angleterre


Argentine


Australie


Canada


Ecosse


Etats-Unis


Fidji


France


Géorgie


Irlande


Italie


Japon


Namibie


Nouvelle-Zélande


Pays de Galles


Roumanie


Samoa


Uruguay


Tonga