L'accident

Dans l’histoire des 24 Heures, les accidents spectaculaires ne manquent pas. Retour sur les sorties de route qui ont marqué les dernière années, à travers l’œil de témoins privilégiés. Des moment sous tension, mais qui à chaque fois, heureusement ont bien terminé.

Spectaculaires sorties de route

La Mercedes volante

La Mercedes volante

La Mercedes volante

Lors du warm-up, la séance de derniers réglages avant le départ de la course, la Mercedes de Mark Webber s'envole, fait plusieurs loopings dans les airs avant de s'écraser sur le bas-côté.

Cette voiture était trop dangereuse

Jean-Marc Gounon, copilote de Mark Webber

« Nous étions favoris de la course, seulement Mercedes avait fabriqué une voiture qui n'était pas assez performante. Quinze jours avant Le Mans, c'était la panique générale. Ils ont tout changé. Mais on ne fait pas en deux semaines ce qu'il faut faire en un an. La voiture était très instable. Très dure à conduire. Mark Webber s'était déjà crashé contre un rail, le mercredi. Le jeudi, il a fait un premier looping au même endroit. Il s'en est sorti sans rien. On a reconstruit une voiture et quand il est reparti le samedi lors du warm-up, rebelote. Je suis sûr qu'il est encore choqué par ce qui s'est passé cette année-là. Il a eu beaucoup de chance. Sur le coup, j'étais très déçu de ne pas pouvoir courir. Mais en fait c'est sans doute une chance. Cette voiture était trop dangereuse. »

Le miracle de la forêt

Le miracle de la forêt

Le miracle de la forêt

Allan McNish, au volant de l'Audi n°2 double une autre voiture dans les Esses de la Forêt. La Ferrari de Beltoise ne le voit pas et se rabat. La voiture s'envole et va se fracasser contre un mur de pneus.

La main du dieu de l’automobile a arrêté la voiture

Christian Petit, chef des commissaires

« Il y avait beaucoup de monde dans les voies de sécurité à l'endroit où la voiture est sortie. Des commissaires de piste et des photographes étaient entre le mur de pneus et les tribunes. Cet accident était très dangereux. Sans doute davantage pour les gens autour que pour le pilote qui a été bien protégé par la coque de sécurité et qui est sorti très vite. Les morceaux de la voiture ont volé très près des spectateurs. Ce jour-là, la main du dieu de l’automobile a arrêté la voiture. Elle a atterri du bon côté, sans qu’aucun débris ne touche personne. »

Inquiétude en pleine nuit

La Mercedes volante

Inquiétude en pleine nuit

Le Mans s'est à peine remis de l'accident de McNish, qu'une nouvelle Audi, la n° 1 cette fois, sort elle aussi de piste. Au cœur de la nuit, Mike Rockenfeller perd le contrôle, et heurte violemment le rail de sécurité.

J’étais soulagé d’apprendre que mon coéquipier allait bien

Romain Dumas, copilote de Mike Rockenfell

« Quand on voit l'accident à la télévision, on ne sait pas du tout ce qu’il s'est passé. « Rocky » s'est planté en pleine nuit, à un endroit à haute vitesse. Les plus mauvais éléments étaient réunis. Pendant de longues minutes, on ne savait pas s'il était en vie. C’est la seule fois de ma carrière où quand ma voiture a abandonné, j'ai été davantage soulagé d'apprendre que mon coéquipier allait bien, plutôt que déçu de perdre une course pour laquelle j’étais favori. »

L'envolée de Davidson

La Mercedes volante

L'envolée de Davidson

Peu avant la tombée de la nuit, à Mulsanne, la Toyota d'Anthony Davidson est percutée par la Ferrari de Pierguiseppe Perazzini, un gentleman driver, qui ne l'a pas vu le dépasser.

C'est la fois où j'ai eu le plus d'inquiétudes

Pascal Vasselon, patron de Toyota

« Pendant un moment qui nous est paru extrêmement long, on est resté sans voir s’il était inconscient dans la voiture ou sorti. On avait aucune information. Les images dont on disposait venaient des caméras de surveillance, en plan fixe. Ces moments-là nous ont semblé extrêmement longs, jusqu’à qu’on s’aperçoive qu’il était sorti de la voiture par lui-même. C'est la fois au Mans où j'ai eu le plus d'inquiétudes. »

AlainKind

On a vu la voiture partir dans tous les sens, rebondir...

Alain Kind, Médecin chef

La procédure lors de la sortie de route

Alain Kind est le médecin chef de la course. A la tête d'une équipe de plus de 500 personnes, il coordonne l'intervention des secours pendant la course et aux abords du circuit pour les spectateurs. Etude de cas à partir du violent accident de Loïc Duval (Audi) en 2014.

Quelle est la procédure lors d’un accident ?

Avec le développement des caméras, on peut jauger en partie la gravité de l’accident. On ne va pas courir après tout le monde. Lorsqu’une voiture sort de la piste, les commissaires de piste, qui sont nos premiers yeux sur place, nous réfèrent l’état du pilote. S’il bouge ou pas. Un pilote inconscient, c’est un signe de gravité. A partir de là, on enclenche les moyens adaptés.

Après la violente sortie de route de Loïc Duval en 2014, quelle a été la procédure ?

On a vu la voiture partir dans tous les sens, rebondir, et mettre un certain temps à s’arrêter. A la limite, c’est mieux comme ça. A l’inverse, quand la décélération est très courte, c’est souvent plus grave. En 2013, quand Allan Simonsen est décédé, l’accident a été brutal, sans être impressionnant. Sa voiture a tapé un arbre et est revenue sur la piste. Avec le zoom de la caméra, on a vu que le pilote était inconscient.

Vous vous rendez sur place rapidement ?

Oui, il faut partir très vite. Quand on arrive sur place, il faut d’abord prendre des précautions avec le véhicule. On travaille avec les commissaires et les « extracteurs », qui sont là pour sortir le pilote de la voiture dans les meilleures conditions. L’Audi de Loïc Duval était très chargée en électricité, car c’est une voiture hybride. Pour ne pas prendre de risques, les consignes étaient de regarder les témoins lumineux à l’intérieur du véhicule. Si c’est vert, on peut toucher, si c’est rouge, il ne faut surtout pas. Mais là, le choc a été tellement violent qu’il n’y avait plus de témoins lumineux. Loïc Duval était conscient et nous a fait savoir que ça allait. Les extracteurs l’ont sorti de la voiture.

Il est alors directement envoyé à l’hôpital ?

Vu le choc, il a été rapatrié au centre médical de la piste pour être examiné. Lors des examens, on a trouvé quelque chose d’inquiétant, et on a décidé de le transférer à l’hôpital pour en savoir plus. Mais ce n’est pas forcément systématique. Quand l’arrêt est net, le transfert est obligatoire.

Arrive-t-il qu’un pilote ne veuille pas faire les examens ?

Oui, mais il n'y a pas que les pilotes dans ce cas. Tous les jours les médecins ont affaire à des gens qui ne veulent pas qu’on les soigne ou leur fasse des examens. Mais nous, on a la possibilité, en cas de refus, de les priver de leur licence de pilote de course. C'est automatique, dès qu’il y a un accident important, elle est suspendue. Il faut ensuite un accord des médecins pour qu'il puisse à nouveau prendre le volant. Si un pilote ne fait pas les examens que l’on désire, il ne recourt pas.