La préparation

 

Une saison tournée vers Le Mans

« Les 24 Heures 2015 ont commencé le lundi suivant la course 2014. » A peine descendu du podium l'an dernier, Benoît Tréluyer avait déjà pour objectif de conquérir un quatrième titre en 2015. « Une victoire au Mans vaut bien plus qu'un titre de champion du monde d'endurance, analyse-t-il. Alors dès les premiers roulages de la voiture, on fait en sorte qu'elle soit performante pour les 24 Heures. » Pour la majorité des pilotes, Le Mans est la seule course de 24 heures de la saison. Elle demande une préparation particulière. « On a beau connaître parfaitement le circuit, ce n'est pas une épreuve comme les autres, prévient Stéphane Sarrazin, pilote Toyota et quatre fois sur le podium dans la Sarthe. On effectue plusieurs roulages en conditions de course. » Avant l'épreuve, Toyota a suivi quatre sessions d'entraînement de 36 heures sur des circuits proches de celui du Mans, en France et en Espagne. Audi et Porsche en ont fait trois. Nissan s'est préparé en secret aux Etats-Unis. « On s’exerce à faire des ravitaillements, on s'habitue à la faible visibilité de nuit, on teste beaucoup de choses, détaille Benoît Tréluyer. Mais rien ne remplace l'expérience. On ne peut pas recréer les conditions de trafic et l'adrénaline de la course. »

Le risque zéro n’existe pas, surtout à ces vitesses-là.

Loïc Duval

Sportifs de haut niveau

Sportifs de haut niveau

Conduire une voiture de course n'est pas donné à tout le monde. Les pilotes d'endurance sont de véritables sportifs de haut niveau. A chaque freinage, le corps encaisse une force de plusieurs « g ». Et s'ils sont trois à se relayer pendant la durée de la course, ils peuvent faire des relais allant jusqu'à quatre heures. « On se prépare physiquement pour être irréprochables, détaille Stéphane Sarrazin. On doit tenir pendant tout le relais, sans ressentir la moindre fatigue. » Et pour ça, cyclisme, course à pied, natation, musculation, moto trial, etc., tous les moyens sont bons. « Je fais principalement du foncier, enchaîne l'ancien pilote de Formule 1. Je m'entraîne beaucoup à vélo en altitude. Une course auto, c'est comme le col du Ventoux. Quand c'est dur, il ne faut pas lâcher. On retrouve les mêmes sensations. » Des sensations à maîtriser parfaitement. Parce qu'une fois en course, il ne faudra pas être trahi par cette précieuse mécanique, qu'est le corps humain.

 

« 20 minutes » désosse une voiture